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320 LES GRANDS POÉTES ROMANTIQUES DE LA POLOGNE
prêtres vivants, peuple de Dieu, criez avec moi : Aux
armes!... C’est lui-même qui l’a ordonné: Aux armes! Aux
armes'
Elle n’est pas seule sacrifiée, l’innocente Cornélia
Métella ; et, d’ailleurs, elle ne s’en ira pas damnée de
ce monde, car le saint évêque Victor finira par l’ar-
racher — morte, il est vrai, car le cœur et la vie de
la vierge se brisent dans la douleur d’un tel effort
par l’arracher au tentateur. La plus infortunée n’est
pas elle : la victime des victimes, c’est la pauvre Elsinoé,
sœur d’ridi on, nouvelle Iphigénie qui s’est livrée en
holocauste à la cause de la Grèce, et, au lieu de vivre
et d’aimer, s’est dévouée à remplir l’âme d’Héliogabale
de terreur et de folie. Pauvre Elsinoé ! Fille d’Amphi-
loth le Grec et de Grimhild, prêtresse d’Odin, elle
pressent et prophétise, elle aussi, et voit sa mort
proche : et dans son divin cœur de femme où pleurent
déjà les larmes de la mort, dans ce cœur de martyre
où vient de naître un amour si pudique et si voilé
pour Alexandre-Sévère, voici qu’elle trouve, au bord
de la tombe, un sentiment de pitié pour Héliogabale
lui-même, le maudit :
Le palais d’Héliogabale. — Une salle ornée de piliers, de bas-
reliefs et de vases précieux. — Au milieu de la salle est un autel
consacré à Mithra. — Dans le fond, un rideau couvert de pier-
reries, derrière lequel Héliogabale, qui vient de sortir, s’est en-
dormi sur un lit de violettes.
IRIDION, ELSINOÉ
IRIDION
Veille sur Héliogabale jusqu’à mon retour ; alors tu
abandonneras pour toujours ces murs maudits.
1. Traduction Alexandre Lacaussade.
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